10 février 2008
JACQUES TILLIER, LE JOURNALISTE QUI A TRAQUE JACQUES MESRINE, DIRECTEUR DE « L’UNION »
Toujours à la pointe de l'information dans notre ville, REIMS FAIT FRONT se félicite d'être en mesure de présenter aux Rémois, en avant-première, une des nouvelles figures de la vie locale. Alors que nos Rouletabille rémois de L’Union en sont toujours à chercher sans succès notre tête de liste, nous apprenons de source bien informée que c’est un grand journaliste d’investigation qui a été choisi pour devenir le directeur du quotidien, d’ici deux à trois semaines : Jacques Tillier. Un journaliste au parcours pour le moins atypique et qui a su, malgré les échelons gravis dans la profession et les responsabilités et charges accumulées au fil des ans, rester proche de ses lecteurs, au service de ces derniers. Ce qui, il faut bien en convenir, n’est hélas pas souvent le cas dans la presse française.
Journaliste de terrain
Après quelques années passées comme fonctionnaire de police à la Direction de la surveillance du territoire (DST), Jacques Tillier est devenu journaliste. Intégré dans l’équipe rédactionnelle de l’hebdomadaire de droite nationale Minute dans les années 70, on lui a tout de suite confié les enquêtes délicates. Utilisant ce qu’il a appris dans la police, Tillier, se distingue rapidement comme un très bon journaliste d’investigation. C’est l’époque de Giscard, de la fin du gaullisme historique, de la montée en puissance de la gauche et du PCF de Georges Marchais, alors particulièrement vaillant et agressif. Le journal se distingue par un ton très critique envers la classe politique, et notamment par un positionnement anti-communiste marqué. Minute contribue à relayer les accusations contre Marchais, à qui il est reproché d'avoir été volontaire pour travailler en Allemagne durant la Seconde guerre mondiale. Une période où l’hebdo, avec une équipe réduite, sort un scoop par semaine, quand ce n’est pas un scandale. Le regretté Serge de Becketch, alors rédacteur en chef, avait évoqué lors d’une émission sur radio Courtoisie, il y a deux ou trois ans, quelques souvenirs de cette presse d’investigation de droite, où Tillier avait eu un rôle essentiel. Mais ce fut une affaire très particulière qui a sorti Jacques Tillier de l’anonymat : celle de l’Ennemi public numéro 1, Jacques Mesrine.
En première ligne devant Mesrine
Mesrine est alors une véritable vedette médiatique. Se voulant gangster au grand cœur, il oscille entre le milieu et l’ultra gauche terroriste. Braquages de banques, de casinos, évasions spectaculaires, enlèvements de personnalités, il a bientôt toutes les polices de France à ses trousses. La presse ne manque pas de relayer les méfaits du gangster, sur un ton parfois à la limite de la complaisance. Mesrine pose en vedette dans Paris-Match, obtient une interview dans Libé. Minute n’est pas en reste. Utilisant ses contacts dans la police, Tillier se met au travail d’arrache pied. Il multiplie enquêtes, recoupements d’informations, investigations minutieuses pour tenter de coincer médiatiquement Mesrine. Puisque le gangster prétend utiliser la presse à son profit, autant le piéger à son propre piège. Pour cela, il est aidé par un grand flic : le commissaire Lucien Aimé-Blanc, chef de l’OCRB, l’office central de répression du banditisme. Tillier va même devenir assez proche du policier, ce qui n’est pas très difficile pour un ancien flic… Le patron de l’OCRB lui donne quelques tuyaux, l’aiguillonne dans ses investigations, Tillier recoupe ses sources, les exploite et en fait des articles précis, incisifs même. Minute devient ainsi une référence dans l’information concernant Mesrine. Une référence qui comptera dans l’opinion lorsque la police entamera le dernier acte de l’aventure du gangster aux cent visages.
Mais c’en est trop pour la vedette autoproclamée du grand banditisme. Mesrine aime la presse à condition que cette dernière soit pour le moins complaisante avec lui. Forcément, Tillier et ses articles déplaisent… Mesrine en vient à menacer le journaliste ; mais rien n’y fait, Tillier s’obstine. Les révélations s’accumulent dans les colonnes de Minute et l’on y découvre un Mesrine qui n’est pas forcément le Robin des Bois des temps modernes qu’il entend être aux yeux du public. Un Mesrine qui ne serait pas toujours très réglo avec ses associés.
Tragique face à face
Mais Mesrine attire de plus en plus l'attention du public, y compris celle des intellectuels qui s'étaient toujours montrés distants de la réputation accordée au criminel.
Le 10 août, Matignon décide la création d'une unité parisienne « anti-Mesrine », concentrant toutes les infos sur l’individu et ses complices présumés. En septembre, Mesrine revient à Paris après un séjour à l'étranger. Le 10, il décide de tendre un guet-apens à Jacques Tillier, le considérant comme un indicateur de police. Le commissaire Aimé-Blanc est aussitôt mis au parfum et tente d’en profiter pour coincer seul le gangster, d’autant qu’il sait que Mesrine entend bientôt quitter définitivement la métropole. L’Ennemi public n°1 propose un rendez-vous à Tillier. Il envoie un de ses complices accompagner en voiture le journaliste jusqu’au lieu choisi, une ancienne carrière en forêt d’Halatte, près de Creil (Oise). Une fois sur place, dans une ambiance de mise en scène macabre, Tillier va subir un véritable calvaire. Mesrine est bien décidé à se venger. Insulté, frappé, humilié puis torturé, Mesrine finit par lui tirer trois balles dans le corps. Il abandonne le journaliste dans la grotte, nu, ensanglanté, blessé, traumatisé, le laissant pour mort. Ce dernier se délie non sans mal, gagne la route la plus proche, arrête une voiture qui le recueille. Sauvé de justesse, il sera soigné un temps au centre hospitalier de Creil sous bonne garde. L’événement fait la une du 20 heures, quelques jours plus tard. La presse est en émoi.
C’en est trop pour le pouvoir. Aimé-Blanc est tenu pour responsable de l’affaire. La curée est lancée contre Mesrine et, jusqu’à l’Elysée, on décide d’y mettre le paquet et de faire cesser la guerre des polices. Le 31 octobre, l'appartement parisien de Mesrine est localisé. Le 2 novembre, il est abattu dans sa voiture par la brigade anti-gang de Broussard, le rival d’Aimé-Blanc, à la Porte de Clignancourt (Paris, 18e) en présence de sa compagne.

Jacques Tillier, aperçu au centre de la photo -blouson-, lors de la reconstitution de son enlèvement en forêt d'Halatte près de Creil
De cette aventure tragique, Tillier tira un livre, malheureusement devenu introuvable : En première ligne devant Mesrine (Grancher, 1980) où il raconte son travail de journaliste, très consciencieux dans ses enquêtes, face à la fascination nauséabonde d’un criminel qui savait jouer avec une certaine presse complaisante et dans un contexte de guerre des polices et de pressions diverses du pouvoir politique qui rendaient la tâche plus que difficile aux services en charge de coincer le gangster.

Des cocotiers de la Réunion aux cépages de Champagne
Tillier restera marqué par cette mésaventure. Il quitte bientôt la métropole pour d’autres cieux. Il est nommé, au début des années 90, rédacteur en chef du JIR, le Journal de l’Ile de la Réunion , qui vient d'être racheté par le groupe France Antilles (filiale du groupe Hersant). Il en deviendra le directeur quelques années plus tard.
Réputé pour sa plume aisée mais sans complaisance, il s’est concentré sur les affaires d’abus de biens sociaux et les scandales politiques, générant une augmentation significative des ventes. Très à l’écoute du lectorat, il n’a jamais laissé personne insensible par son style décapant. Ce qui lui valu parfois de s’expliquer devant la justice, mais c’est le risque du métier.
Jacques Tillier est donc de retour en métropole. A l’évidence, L’Union, en en faisant son directeur, cherche à pimenter quelque peu sa ligne éditoriale, tout en insistant sur la proximité et la nécessaire écoute de ceux qui, chaque jour, lisent ses colonnes.
Sans complaisance, mais avec beaucoup de respect, REIMS FAIT FRONT souhaite la bienvenue dans notre ville à ce grand professionnel de l'information.
R. M.
18:20 Publié dans Personnalités | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Jacques Tillier, L'Union, reims, politique, municipales, marine le pen, thierry maillard









Commentaires
J'aimerais avoir le mail de Jacques, avec qui j'ai travaillé épisodiquement à la Réunion. Dites lui juste Fanny Lesguillons, RFM en Matinales, le Réunionnais et Antenne Réunion.
Merci.
Ecrit par : lesguillons | 16 novembre 2008
je viens de voir les deux films de mesrine avec vincent cassel on voit lhomme que mesrine etait mais aussi la bete fauve par rapport a se journaliste entre autre quon voit comme mort dans le film tres durement amoché ''( dur a voir et a entendre) je me mais a sa place' (si je peux dire sa comme ca)et je me dis quelle courage de vivre sil sen ai sorti avec trois balles dans le corps!quelle courage!!!je suis emu franchement par ce mal ambien et destructeur que mesrine incarnais! sans le connaitre javais 3 ans en 1979 !lorsquons voit letre humain agir comme ca il fallait larreter cest sur mais pas comme ca de toute facon il aurait tués encore et encore !je pense que lassassiné a ete un tort pour la police antigang le faisant passé pour une victime meme sil a ete une victime comme beaucoup de gens de le vie ambiente francaise dailleur je ressent ca a l heure ou je parle on a pas le droit de tuer pour tuer sauf en legitime defense et encore.... on sen voudras toutes notre vie ! pour ceux qui ont une vrai conscience de la vie cette conscience qui nous gagne a nous rendre plus humain et la pour ca....nous rendre meilleur!je suis fatigue et pourtant jecris me disant que sa seras peut etre pas lu tant pis mais probleme personnelle me font peut etre reagir comme ca aussi!jaime la vie et les gens qui tue ammene le k o ! et pourtant gouvernement apres gouvernement ne comprenne pas le mal etre de cest gens qui deviennent des mesrine en puissance dans leurs cartier ou ailleur chaque voisin et suspect de quelque chose car se mal etre les ronges jusquau jours ou ils eclate en tueur en serie pedophile et violeur voleur tricheur .... egoiste ne soccupant plus de sa famille les laissant vivre sans les protegés et un jours se rencontres que leurs enfants tourne mal et se virux du mal etre impreigne leur enfants a present est aigris vole! descente de police a 6h! devant toute la famille et des petit mesrine sont deja nee a la porte dun gouvernement qui fait naitre cette race de personne qui n aurait peut etre pas ete jusqua la si lamour et la confiance en leur pays et leur parents leur avait ouvert les bras sans les rejetes et les parquets en numero de series pour le tresor public .............! voila sachant que nous sommes des numeros sur une listes comme pendant la 2eme guerre mondiale...;les gens devienne des animaux et la trompette de larmageddon et a nos porte!alors sur ces quelques mots merci de ce film merci a ceux qui ne deviennent pas des monstres pour que nos enfants devienne des etres humains.....des vrais! jps!!
Ecrit par : jean | 22 décembre 2008
Moi aussi j'ai eu la chance de pouvoir visionner les deux partie du film avec l'acteur Vincent Cassel et j'avoue que la scène qui m'à le plus marqué, c'est dans la deuxième partie quand Mesrine donne "rendez-vous" à Jacques Tillier, dans la grotte, où il lui somme de se mettre à nu pour le déshonorer l'humilier, mais le pire du pire c'est de l'avoir tabassé comme une bête et encore !... je ne comprend pas qu'on peu idolatrer "Mesrine" c'était un homme certainnement marqué par son séjour en Algérie, puis par des mauvaises fréquentations, mais cela n'excuse pas tout, il n'y a pas que lui qui es passé par là et ce n'est pas pour ça que pleins de personnes ont dérivés comme lui. Je regrette juste la façon de la police pour l'arrèter.
Ecrit par : Pyat | 30 décembre 2008
masrine aurait du l'achever ce journaliste de merde de tillier
Ecrit par : yves | 06 janvier 2009
Dommage que Mesrine n'ait pas terminé le boulot, l'air eut été certainement un peu moins nauséabond sur terre avec cette raclure de Tillier en moins. Ceci étant dit, c'est peut-être mieux ainsi, la petite frappe fachiste est désormais traumatisée à vie et en rêvera -à n'en pas douter- jusqu'à la fin de ses jours. Et je dois bien reconnaître, sans honte aucune, que cette simple idée me fait vraiment chaud au coeur.
Ton vieux pote Jacques, qui t'embrasse de l'au-delà.
Ecrit par : J. R. M. | 30 janvier 2009
JRM est l illustration parfaite de l intellolerance Bolchevique, Staliniste et anti-patriotique.
Cependant si Mesrine avait vecu 30 ans plus tot, il aurait fait un parfait collaborateur du regime de Vichy qui prenait plaisir a liberer les criminels de droit communs pour leur donner une "seconde chance". JRM, dans la vie un "loser", un mouton bien pensant et trop trouillard pour prendre le maquis ou braquer une banque a encore une chance ...rejoindre la coree du Sud ou Cuba. Bon voyage camarade !
Ecrit par : Costas | 14 avril 2009
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